Travailler chez McDo : contrat, horaires, salaire et évolution en pratique

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Mis à jour le 29 septembre 2026
Textes de référence : Convention collective nationale de la restauration rapide du 18 mars 1988 (IDCC 1501), art. 12, 29, 34, 36, 42, 43 et 44, avenants n° 24, 57, 69 et 72. Code du travail, art. R3243-1 et L3132-1
Pour qui : salariés et candidats de la restauration rapide, élus du CSE du secteur

Une annonce d’équipier promet souvent de la « flexibilité » et une « ambiance d’équipe ». Ces mots ne vous disent rien de votre salaire ni de vos heures de nuit. Ce qui fixe ces règles, c’est un texte précis : la convention collective nationale de la restauration rapide, identifiée par le numéro IDCC 1501.

Ce guide ne décrit pas les pratiques internes d’une enseigne, qui varient d’un restaurant à l’autre et ne sont pas publiques. Il s’en tient à ce que la convention et le Code du travail imposent à tout employeur du secteur, dans leurs versions en vigueur au 29 septembre 2026 lues sur Légifrance. Si vous êtes étudiant et cherchez un contrat compatible avec vos cours, notre article sur le contrat étudiant chez McDo traite ce cas à part.

🍟 En bref : le minimum conventionnel du niveau I, échelon A, est de 11,88 € brut de l’heure depuis l’avenant n° 72 du 5 juin 2025. Il se trouve sous le Smic horaire affiché à 12,31 € brut par service-public.gouv.fr, et c’est donc le Smic qui s’applique. Les heures travaillées entre minuit et 2 h sont majorées de 10 %, celles entre 2 h et 6 h de 30 % (article 36.a.4.2 de la convention). Votre planning doit être affiché au moins 10 jours calendaires à l’avance (article 29.5).

Quelle convention collective s’applique dans un restaurant McDo ?

Les restaurants de restauration rapide relèvent en principe de la convention collective nationale du 18 mars 1988, IDCC 1501, étendue à tout le secteur. Le moyen le plus sûr de le vérifier reste votre bulletin de paie : il doit mentionner l’intitulé de la convention applicable et votre position dans la classification, niveau ou coefficient (article R3243-1 du Code du travail, version en vigueur depuis le 1er janvier 2024).

Mais une enseigne connue ne signifie pas un employeur unique. Un restaurant peut être exploité directement par l’enseigne ou par une société franchisée, qui est alors votre employeur. C’est son nom qui figure sur le contrat et sur la paie. Ses accords d’entreprise, s’il en existe, s’ajoutent à la convention de branche. Deux restaurants de la même ville peuvent donc appliquer des primes ou des formules de repas différentes, sans que l’un ou l’autre soit en faute.

La convention pose aussi une règle de transparence utile dès l’embauche.

Chaque entreprise doit afficher l’équivalence entre ses propres intitulés de poste et la grille de classification, avec les missions et le statut correspondants (article 43 de la convention). Un intitulé maison doit donc pouvoir être rattaché à un niveau et à un échelon précis. Si ce tableau n’est pas affiché, vous pouvez le demander.

Équipiers au comptoir d'un restaurant de restauration rapide pendant le service

Que rapportent les heures de nuit et la fermeture tardive ?

Pour les salariés des niveaux I à IV, chaque heure travaillée entre minuit et 2 h est majorée de 10 %, et chaque heure entre 2 h et 6 h de 30 %, qu’ils soient ou non travailleurs de nuit (article 36.a.4.2 de la convention, dans sa rédaction issue de l’avenant n° 55 du 26 mars 2018). Les heures entre 22 h et minuit ne donnent pas lieu à cette majoration.

La plage de nuit elle-même est définie plus largement par la convention.

« Tout travail entre 22 heures et 7 heures est considéré comme travail de nuit. »

Article 36.a.1 de la convention collective nationale de la restauration rapide du 18 mars 1988, version en vigueur au 29/09/2026

Et cette plage sert à autre chose qu’aux majorations. Le salarié qui fait au moins 3 heures de travail effectif dans la plage deux fois par semaine, ou 360 heures sur 12 mois consécutifs, devient travailleur de nuit au sens de la convention (article 36.a.2). Il bénéficie alors d’un repos compensateur de 2 % par heure de nuit, et sa journée est plafonnée à 10 heures. Le seuil de 360 heures diffère du seuil légal de 270 heures, parce que la loi permet à la branche de fixer son propre volume. Pour le cadre général, consultez notre guide du travail de nuit.

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Le retour tardif est encadré lui aussi : après 22 h, sans transport en commun, vos frais de taxi, de VTC ou de covoiturage sont remboursés sur justificatif dans la limite de 23 € par course en Île-de-France et de 22 € ailleurs (article 36.b, modifié par l’avenant n° 69 du 30 avril 2024).

Le simulateur ci-dessous estime la majoration conventionnelle sur une période de fermetures tardives.

🌙 Simulateur : majoration des heures de nuit (IDCC 1501)

Estimation :

Résultat indicatif, vérifiez votre convention collective et vos accords d’entreprise, qui peuvent prévoir plus. Le calcul applique les taux de 10 % et 30 % de l’article 36.a.4.2 au taux horaire saisi. Il ne remplace ni votre bulletin de paie ni un conseil juridique.

Comparez ensuite ce montant avec la ligne de majoration que vous devriez retrouver sur votre bulletin.

Quel salaire minimum pour un équipier ou un manager ?

La convention fixe un taux horaire minimum par niveau et par échelon, du niveau I au niveau IV, et une rémunération annuelle minimale pour les cadres du niveau V. La dernière grille, issue de l’avenant n° 72 du 5 juin 2025, place le niveau I échelon A à 11,88 € brut de l’heure. Mais aucun salaire ne peut descendre sous le Smic.

Or le Smic horaire brut affiché par service-public.gouv.fr est de 12,31 € (page vérifiée le 1er juin 2026, qui vise l’arrêté du 22 mai 2026). Les trois premiers échelons de la grille se retrouvent donc sous le minimum légal, et c’est le Smic qui s’applique à leurs titulaires. L’écart entre ces échelons disparaît sur la paie alors qu’il existe sur le papier. Les partenaires sociaux s’engagent à renégocier les minima chaque année, sans calendrier garanti. Vérifiez donc la date de l’avenant appliqué par votre employeur.

Niveau et échelonMinimum conventionnel brutFace au Smic de 12,31 €Taux qui s’applique au minimum
Niveau I, échelon A11,88 €En dessousSmic
Niveau I, échelon B11,90 €En dessousSmic
Niveau II, échelon A12,22 €En dessousSmic
Niveau II, échelon B12,45 €Au-dessusMinimum conventionnel
Niveau III, échelon A12,82 €Au-dessusMinimum conventionnel
Niveau IV, échelon A15,01 €Au-dessusMinimum conventionnel

Grille de l’article 44 de la convention, avenant n° 72 du 5 juin 2025, lue sur Légifrance. Smic selon service-public.gouv.fr (page vérifiée le 1er juin 2026). Taux horaires bruts.

La prime annuelle conventionnelle s’ajoute à ce taux horaire après un an de présence.

Elle est due aux salariés inscrits à l’effectif qui justifient d’un an d’ancienneté continue, quel que soit leur contrat. Pour un temps plein, elle va de 215 € brut entre 1 et 3 ans d’ancienneté à 515 € à partir de 15 ans, au prorata pour un temps partiel (article 44.1). Certaines absences la réduisent, les congés légaux et conventionnels non.

🚫 Idée reçue : « dans la restauration rapide, tout le monde est payé au Smic »

C’est vrai pour les premiers échelons tant que la grille reste sous le Smic, pas pour les suivants. Dès le niveau II échelon B, le minimum conventionnel dépasse le Smic. S’ajoutent les majorations de nuit et, après un an, la prime annuelle. La bonne démarche consiste à lire votre niveau sur le bulletin, puis à le comparer à la grille en vigueur.

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Comment le planning et les repos sont-ils fixés ?

Les horaires d’une semaine doivent être notifiés au moins 10 jours calendaires avant son début, par affichage du programme de travail. Ce programme ne peut ensuite être modifié qu’avec votre accord, au plus tard 3 jours calendaires avant le début de la semaine (article 29.5 de la convention). Le repos hebdomadaire est de 2 jours (article 34).

Cependant, ces 2 jours ne tombent pas forcément le week-end. Dans un établissement ouvert 7 jours sur 7, ils doivent en principe être consécutifs. Un salarié à temps complet doit bénéficier d’au moins 8 week-ends de repos par an, hors congés payés. La planification ne peut pas non plus vous faire travailler plus de 8 jours d’affilée, sauf demande expresse de votre part et dans la limite de 10, sous réserve de l’interdiction légale de travailler plus de six jours par semaine (article L3132-1 du Code du travail). Deux salariés peuvent enfin échanger leur tranche horaire d’une même journée, avec l’accord de l’employeur.

💡 Le saviez-vous ?

Pour les salariés à temps partiel, chaque interruption de plus de 2 heures dans la journée ouvre droit à une prime de coupure égale à 80 % du minimum garanti, sans pouvoir être inférieure à 3,50 €. La journée ne peut comporter qu’une seule coupure, de 5 heures au plus, et la semaine quatre au maximum, sauf demande expresse du salarié (article 5 de l’avenant n° 24, modifié par l’avenant n° 57 du 3 mars 2020).

Côté pauses, aucune journée ne peut atteindre 6 heures sans une pause d’au moins 20 minutes, et une pause repas de moins de 30 minutes est payée comme du temps de travail (articles 29.5 et 42).

✅ Ce que la convention garantit

  • Un planning affiché 10 jours calendaires à l’avance
  • 2 jours de repos par semaine
  • Des majorations dès minuit pour les niveaux I à IV

⚠️ Ce qui dépend de votre employeur

  • La formule repas, parmi celles prévues à l’article 42
  • Les primes ajoutées par un accord d’entreprise
  • La place des jours de repos dans la semaine

La formule repas ne se change pas sur simple annonce. L’article 42 prévoit la consultation des représentants du personnel avant de modifier le système pratiqué dans l’établissement, et dans les instances actuelles c’est le CSE qui tient ce rôle.

Quelles évolutions la convention prévoit-elle ?

La convention organise deux passerelles vérifiables. L’accès au niveau II par le certificat d’aptitude est ouvert après 10 mois de travail effectif dans l’entreprise, sous réserve d’une formation réussie (avenant n° 72 du 5 juin 2025, qui a ramené ce délai de 15 à 10 mois). Un remplacement complet sur un poste supérieur ouvre aussi droit à une prime dès le premier jour.

Pourtant, une évolution évoquée en entretien n’engage l’employeur que si elle est écrite. La prime de remplacement porte votre rémunération au minimum conventionnel du poste occupé, pendant toute la durée du remplacement, à condition que vous en assumiez la totalité des attributions et responsabilités (article 43 h). Au-delà de 4 mois consécutifs, vous bénéficiez d’une priorité d’accès à ce poste s’il devient définitivement vacant. Gardez une trace écrite des dates de début et de fin. Sans elle, la priorité se discute mal.

Pour les jeunes en alternance, la rémunération suit d’autres règles, détaillées dans notre article sur le salarié apprenti.

🧩 Cas d’école (situation fictive)

Prenons un cas fictif : une salariée à temps complet, classée au niveau I, remplace pendant 5 mois un collègue de niveau III absent, avec l’ensemble de ses attributions. Sa paie ne change pas.

Selon l’article 43 h, elle aurait dû percevoir dès le premier jour une prime portant sa rémunération au minimum du niveau III. Le poste se libère ensuite définitivement : comme le remplacement a dépassé 4 mois consécutifs, sa priorité d’accès joue. Qui porte le risque ? Elle, tant qu’elle n’a rien réclamé par écrit, dates à l’appui.

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Ce cas montre qu’un remplacement se documente pendant qu’il a lieu, pas une fois le poste attribué à un autre.

Quitter son poste : quel préavis prévoit la convention ?

Pour un employé qui démissionne après la période d’essai, le préavis conventionnel est de 8 jours avant 6 mois d’ancienneté, de 15 jours entre 6 mois et 2 ans, puis d’un mois au-delà (article 12). En cas de licenciement hors faute grave ou lourde, il passe à un mois entre 6 mois et 2 ans d’ancienneté, puis à deux mois.

Et pendant le préavis de licenciement, la convention accorde 2 heures d’absence par journée de travail pour chercher un emploi, sans réduction de salaire. Ces heures se prennent en accord avec l’employeur et peuvent être regroupées. Un départ négocié suit les règles de la rupture conventionnelle. La rupture anticipée d’un CDD obéit à un régime propre. Dans tous les cas, demandez une confirmation écrite de la date de fin.

Une démission se donne de préférence par écrit, pour dater le point de départ du préavis.

Ce que votre bulletin et votre planning permettent de vérifier

Deux documents suffisent à mesurer l’écart entre l’annonce et le droit : le bulletin de paie et le programme de travail affiché. Le premier donne la convention, votre niveau, votre taux horaire et les majorations. Le second montre si le délai de 10 jours et les 2 jours de repos sont respectés.

Ainsi, une réclamation bien construite part toujours d’un écart chiffré. Photographiez le planning affiché à sa date de publication. Relevez vos heures réelles, surtout après minuit. Comparez-les chaque mois avec les lignes du bulletin. Si l’écart persiste, un élu du CSE ou l’inspection du travail pourront examiner le dossier, et ce guide ne peut pas trancher à leur place.

Pour replacer ces règles dans le cadre légal, notre page sur le temps de travail rappelle les durées maximales. Si votre contrat compte moins de 35 heures, lisez aussi nos repères sur le temps partiel. Et pour comprendre ce que votre branche peut ajouter à la loi, voyez comment fonctionne une convention collective. La fiche de paie se lit ensuite avec ces textes en tête.

Le levier démontrable tient dans le planning daté et le bulletin, confrontés à la grille et aux articles 29 et 36 de la convention.

Questions fréquentes

Quelle convention collective s’applique chez McDo ?

Les restaurants de restauration rapide relèvent en principe de la convention collective nationale de la restauration rapide du 18 mars 1988, IDCC 1501. Votre bulletin de paie doit indiquer l’intitulé de la convention applicable.

Les heures de nuit sont-elles majorées dans la restauration rapide ?

Oui pour les niveaux I à IV : 10 % pour chaque heure entre minuit et 2 h, 30 % pour chaque heure entre 2 h et 6 h, selon l’article 36.a.4.2 de la convention.

Combien de temps à l’avance le planning doit-il être affiché ?

Au moins 10 jours calendaires avant le début de la semaine concernée. Une modification ultérieure suppose l’accord du salarié, au plus tard 3 jours calendaires avant le début de la semaine.

Qui a droit à la prime annuelle conventionnelle ?

Tout salarié inscrit à l’effectif qui justifie d’un an d’ancienneté continue dans l’entreprise, quel que soit son contrat. Le montant dépend de l’ancienneté et se calcule au prorata pour un temps partiel.

Sources

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