Vous avez cours le mardi matin et besoin d’un revenu régulier pendant l’année universitaire. L’expression « contrat étudiant » laisse croire qu’un contrat taillé pour vous existe quelque part. Le Code du travail n’en prévoit aucun. Ce que vous signerez, c’est un contrat à temps partiel ordinaire, auquel la loi et la convention collective de la restauration rapide ajoutent quelques protections précises.
Ce guide ne décrit pas les usages internes d’une enseigne, qui ne sont pas publics et changent d’un restaurant à l’autre. Il détaille les règles opposables à tout employeur relevant de la convention IDCC 1501, lues sur Légifrance dans leur version en vigueur au 29 septembre 2026. Pour le salaire, les primes de nuit et l’évolution au-delà du cas étudiant, reportez-vous à notre guide pour Travailler chez McDonald’s.
🎓 Ce qu’il faut retenir : un salarié de moins de 26 ans qui poursuit ses études peut obtenir de droit, à sa demande, une durée inférieure au minimum de 24 heures par semaine (article L3123-7 du Code du travail, version en vigueur depuis le 1er septembre 2023). Dans la restauration rapide, un contrat de moins de 12 heures par semaine doit prévoir des horaires réguliers, fixes et sans coupure, sauf demande expresse du salarié (article 4.4 de l’avenant n° 24). Pour vos examens, la convention prévoit un congé non rémunéré de 5 jours ouvrables par tranche de 60 jours ouvrables travaillés, plus un jour (article 39).
Le « contrat étudiant » existe-t-il vraiment ?
Non. Aucun article du Code du travail ne crée de contrat réservé aux étudiants. Un job étudiant dans la restauration rapide prend la forme d’un CDI ou d’un CDD, le plus souvent à temps partiel. Ce contrat doit être écrit et mentionner la durée prévue, sa répartition et les cas où cette répartition peut changer (article L3123-6, version en vigueur depuis le 10 août 2016).
Mais la forme choisie change beaucoup de choses. Un CDD ne peut être conclu que pour l’un des motifs listés à l’article L1242-2, comme le remplacement d’un salarié absent ou un accroissement temporaire d’activité, et le statut d’étudiant n’en fait pas partie. Un CDI à temps partiel, lui, n’a pas de terme et vous suit d’une année d’études à l’autre. Pour un contrat limité à vos vacances scolaires ou universitaires, l’indemnité de fin de contrat n’est pas due (article L1243-10). Demandez donc quelle forme de contrat on vous propose, et pour quel motif si c’est un CDD.
Le mot « étudiant » sur une annonce ne crée aucun droit à lui seul.

Peut-on travailler moins de 24 heures par semaine quand on est étudiant ?
Oui, si vous avez moins de 26 ans et poursuivez vos études. Le minimum de 24 heures par semaine prévu pour le temps partiel ne s’impose pas à vous : une durée plus courte, compatible avec vos études, est fixée de droit à votre demande. L’employeur ne peut pas vous la refuser au motif du seuil légal.
« Une durée de travail inférieure à celle prévue au premier alinéa, compatible avec ses études, est fixée de droit, à sa demande, au bénéfice du salarié âgé de moins de vingt-six ans poursuivant ses études. »
Article L3123-7 du Code du travail, version en vigueur depuis le 01/09/2023
Et la convention de la restauration rapide reprend cette règle dans son article 4.4 sur le temps partiel, issu de l’avenant n° 47 du 8 janvier 2014. Elle y ajoute une garantie : sauf demande expresse de votre part, l’employeur ne peut pas vous imposer, dans une même journée, un travail continu de moins de 2 heures consécutives. Au-delà de 26 ans, ou sans études en cours, une durée inférieure à 24 heures reste possible sur demande écrite et motivée, pour des contraintes personnelles ou un cumul d’activités. Dans ce cas, les horaires doivent être regroupés sur des journées ou demi-journées régulières ou complètes. Gardez une copie de votre demande.
Le simulateur ci-dessous applique ces règles à la durée de contrat que l’on vous propose.
La ligne sur les heures complémentaires suppose que votre contrat prévoit cette faculté, ce qui n’a rien d’automatique.
Comment vos horaires s’articulent-ils avec vos cours ?
Par une clause que beaucoup de candidats lisent trop vite : les « plages de planification possible ». Le contrat fixe, jour par jour, les tranches horaires à l’intérieur desquelles l’employeur peut vous faire travailler. Ces plages se négocient à la signature et ne changent ensuite que par avenant (article 4.5 de l’avenant n° 24).
Ainsi, c’est à l’embauche que vous protégez vos heures de cours. Si vos plages excluent le mardi matin, l’employeur ne peut pas y planifier votre travail, ni vous y demander des heures complémentaires. Une exception existe pendant les 3 mois qui suivent la signature : avec votre accord, vos horaires peuvent sortir des plages pour vous former aux différents postes. Le total des plages est plafonné à trois fois la durée hebdomadaire du contrat, dans la limite de 75 heures par semaine et de 12 heures par jour. Avec un contrat de 12 heures, l’employeur peut donc vous rendre disponible sur 36 heures de plages au plus.
Vos horaires de la semaine doivent ensuite être affichés au moins 10 jours calendaires avant son début, et ne changent qu’avec votre accord jusqu’à 3 jours calendaires avant la semaine concernée (article 4.9).
💡 Le saviez-vous ?
Dans la restauration rapide, un salarié à temps partiel qui travaille 4 heures ou moins dans une journée doit les faire de manière consécutive, sauf demande expresse de sa part. Et quand la journée comporte une coupure, chaque séquence doit durer au moins 2 heures consécutives (article 5 de l’avenant n° 24, dans sa rédaction issue de l’avenant n° 47 du 8 janvier 2014).
Deux salariés à temps partiel peuvent aussi échanger leur tranche horaire d’une même journée, à nombre d’heures identique et avec l’accord de l’employeur. En cas de refus, vous pouvez en demander les motifs (article 4.9).
Heures complémentaires : jusqu’où peut-on vous demander plus ?
Jusqu’à 33 % de la durée prévue au contrat, et seulement si votre contrat ou un avenant prévoit cette faculté. Chaque heure complémentaire est majorée de 10 % dans la limite d’un dixième de la durée contractuelle, puis de 25 % jusqu’au tiers (article 4.11 de l’avenant n° 24). L’employeur doit vous prévenir au moins 3 jours avant, en indiquant le motif.
Pourtant, la branche reconnaît elle-même que l’activité se concentre sur deux pics, au moment des repas, ce qui pousse aux ajustements tardifs. La convention admet un délai plus court en cas de circonstances imprévisibles, comme l’absence d’un collègue, mais votre accord devient alors nécessaire. Le refus d’heures demandées hors de ces règles, ou hors de vos plages de planification, ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement. Vous pouvez aussi demander, avec un préavis de 15 jours, à suspendre ou limiter les heures complémentaires pendant une période précise. En période d’examens, c’est un outil concret.
Le tableau suivant distingue les mécanismes qui augmentent vos heures.
| Mécanisme | Condition | Limite | Majoration |
|---|---|---|---|
| Heures complémentaires | Faculté prévue au contrat, prévenance de 3 jours | 33 % de la durée contractuelle, dans vos plages | 10 % jusqu’à 1/10, puis 25 % |
| Avenant « complément d’heures » | Écrit signé, motif listé, dont les vacances scolaires | 6 avenants et 24 semaines par année civile | 25 % pour les heures au-delà de l’avenant |
| Horaire réel durablement plus élevé | Dépassement moyen d’au moins 2 h par semaine sur 12 semaines | Révision du contrat sauf opposition du salarié, préavis de 7 jours | Sans objet |
Avenant n° 24 du 13 novembre 1998, art. 4.3 et 4.11, dans leur rédaction issue de l’avenant n° 47 du 8 janvier 2014, lus sur Légifrance au 29 septembre 2026.
Que prévoit la convention pour vos examens ?
Un congé non rémunéré de 5 jours ouvrables par tranche de 60 jours ouvrables travaillés, étendu par la branche à tous les diplômes et titres inscrits au répertoire national des certifications professionnelles. S’y ajoute un jour d’absence non rémunéré pour préparer l’épreuve. Les deux se prennent dans le mois qui précède les examens (article 39 de la convention, issu de l’avenant n° 55 du 26 mars 2018).
Or ce congé s’ajoute à vos congés payés, il ne les remplace pas. La branche a aussi pris soin de le neutraliser pour la prime annuelle conventionnelle : l’autorisation d’absence des étudiants n’entraîne pas de proratisation (article 44.1). Cette prime reste réservée aux salariés présents depuis au moins un an, au prorata du temps partiel. Posez votre demande tôt, calendrier universitaire en main. Un écrit daté évite toute discussion sur le mois de référence.
Le congé ne se rémunère pas, et c’est son principal défaut pour un budget étudiant.
✅ Ce que le temps partiel étudiant vous garantit
- Une durée courte obtenue de droit avant 26 ans
- Des plages de planification écrites, qui protègent vos cours
- Des jours d’absence pour préparer vos examens
⚠️ Ce qu’il ne vous garantit pas
- Un salaire maintenu pendant le congé d’examen
- Des heures en plus sur simple demande de votre part
- Des plages modifiables sans avenant signé
Pour les périodes de vacances, où l’on cherche souvent à travailler davantage, nos points de vigilance quand on travaille pendant les vacances complètent ce tableau.
Étudiant mineur : quelles règles s’ajoutent ?
Avant 18 ans, vous ne pouvez pas travailler plus de 8 heures par jour ni plus de 35 heures par semaine, sauf dérogations encadrées (article L3162-1). Aucune période de travail ininterrompue ne peut dépasser 4 heures et demie, et une pause d’au moins 30 minutes consécutives est due au-delà (article L3162-3).
Cependant, la règle qui compte le plus en restauration rapide concerne la nuit. Le travail de nuit est interdit aux jeunes travailleurs, et la restauration figure parmi les secteurs où une dérogation peut être accordée (articles L3163-2 et R3163-1). Aucune dérogation n’est possible entre minuit et 4 heures, hors extrême urgence. Côté salaire, le Smic des moins de 18 ans peut comporter un abattement de 20 % avant 17 ans et de 10 % entre 17 et 18 ans, supprimé après 6 mois de pratique professionnelle dans la branche (article D3231-3). Service-public.gouv.fr affiche ainsi 11,08 € brut de l’heure à 17 ans et 9,85 € avant 17 ans (page vérifiée le 1er juin 2026).
Pour la fermeture du soir, voyez aussi notre dossier sur le travail de nuit, qui détaille la plage horaire concernée.
🧩 Cas d’école (situation fictive)
Prenons un cas fictif : un étudiant de 20 ans signe un contrat de 10 heures par semaine, avec des plages de planification le samedi et le dimanche. En période de rush, on lui affiche un mercredi de 11 h à 14 h puis de 18 h à 21 h.
Deux règles sont en cause. Son contrat fait moins de 12 heures, donc ses horaires doivent rester fixes et sans coupure, sauf demande expresse de sa part. Et le mercredi sort de ses plages. Qui porte le risque ? S’il accepte sans rien dire, lui, car ses heures de cours finissent par céder face au planning.
Ce cas montre que le contrat écrit, plages comprises, est la seule protection opposable face à un planning qui déborde.
Ce qu’un étudiant doit faire écrire dans son contrat
Avant de signer, vérifiez la forme du contrat, la durée hebdomadaire ou mensuelle, les plages de planification jour par jour et la clause sur les heures complémentaires. Si vous demandez une durée inférieure à 24 heures, faites-le par écrit en mentionnant vos études et votre âge. Ces pièces fondent toute réclamation ultérieure.
Or un planning se conteste bien mieux avec des preuves qu’avec des souvenirs. Photographiez chaque programme affiché avec sa date. Notez vos heures réelles, surtout celles demandées au dernier moment. Comparez-les chaque mois avec votre bulletin, où les heures complémentaires doivent apparaître distinctement (article 4.11). Si l’écart dure, un élu du CSE ou l’inspection du travail pourront examiner votre dossier, et ce guide ne peut pas trancher à leur place.
🚫 Idée reçue : « avec un contrat étudiant, on peut m’appeler la veille pour un service »
Le programme de travail est affiché au moins 10 jours calendaires à l’avance et ne se modifie qu’avec votre accord. Une heure complémentaire se demande au moins 3 jours avant, sauf circonstance imprévisible, et votre accord est alors requis. Refuser un appel de la veille hors de ces règles n’est pas une faute. La bonne approche consiste à répondre par écrit en rappelant vos plages et vos cours.
Pour replacer ces règles dans le cadre général, consultez les repères du temps de travail, puis notre guide du contrat à temps partiel, qui détaille les règles communes à tous les secteurs. Si vous visez plutôt un emploi l’été, les règles du contrat saisonnier diffèrent sur plusieurs points. Et votre fiche de paie reste le document à relire chaque mois.
Le levier démontrable, pour un étudiant, tient dans des plages de planification écrites et une demande de durée réduite datée.
Questions fréquentes
Combien d’heures minimum dans un contrat étudiant chez McDo ?
Le minimum légal du temps partiel est de 24 heures par semaine. Un salarié de moins de 26 ans qui poursuit ses études peut obtenir de droit, à sa demande, une durée inférieure compatible avec ses études.
Un contrat étudiant est-il un CDD ou un CDI ?
Les deux sont possibles. Le « contrat étudiant » n’existe pas en droit : il s’agit d’un contrat à temps partiel ordinaire. Un CDD suppose l’un des motifs prévus par la loi, et le statut d’étudiant n’en fait pas partie.
Peut-on refuser des heures en plus pendant les examens ?
Dans la restauration rapide, le salarié peut demander avec un préavis de 15 jours la suspension ou la limitation des heures complémentaires sur une période donnée. Des heures demandées hors des règles de la convention peuvent être refusées sans faute.
A-t-on droit à des congés pour passer ses examens ?
Oui, la convention de la restauration rapide prévoit 5 jours ouvrables non rémunérés par tranche de 60 jours ouvrables travaillés, plus un jour, à prendre dans le mois qui précède les examens.




