Un apprenti de 19 ans en première année touche 43 % du Smic. Pas un euro de plus n’est dû par la loi, et beaucoup de contrats s’en tiennent exactement là. Le chiffre paraît simple. Sa mise en pratique l’est moins.
Car ce pourcentage bouge avec l’âge et l’année de formation. Le Smic lui-même a été relevé au 1er juin 2026. Et depuis mars 2025, une partie du salaire des nouveaux apprentis supporte des cotisations et la CSG. Ce guide reprend chaque règle avec les montants en vigueur au 29 septembre 2026, et sépare ce qui est dû de ce qui se négocie.
🔎 En bref : le salaire minimum de l’apprenti va de 27 % à 100 % du Smic selon l’âge et l’année d’exécution du contrat (article D6222-26 du Code du travail). Depuis le 1er juin 2026, le Smic mensuel brut est de 1 867,02 € pour 35 heures, ce qui porte le minimum d’un apprenti de 18 à 20 ans en première année à 802,82 € brut (service-public.gouv.fr, page mise à jour le 8 septembre 2026, consultée le 29/09/2026). Pour les contrats conclus depuis le 1er mars 2025, la part du salaire au-dessus de 50 % du Smic supporte cotisations salariales et CSG-CRDS.
Quel est le salaire minimum d’un apprenti en 2026 ?
Le salaire minimum d’un apprenti est un pourcentage du Smic, fixé selon son âge et l’année d’exécution du contrat. Il va de 27 % pour un apprenti de 16 ou 17 ans en première année à 100 % pour un apprenti de 26 ans et plus. Sur la base du Smic en vigueur depuis le 1er juin 2026, cela donne entre 504,09 € et 1 867,02 € brut par mois.
Le principe est posé par le Code du travail, et il laisse la porte ouverte à mieux.
« Sous réserve de dispositions contractuelles ou conventionnelles plus favorables, l’apprenti ne peut percevoir un salaire inférieur à un montant déterminé en pourcentage du salaire minimum de croissance et variant en fonction de l’âge du bénéficiaire et de sa progression dans le ou les cycles de formation faisant l’objet de l’apprentissage. »
Article L6222-27 du Code du travail, version en vigueur au 29/09/2026
Les pourcentages eux-mêmes figurent à l’article D6222-26. Dès 21 ans, ils s’appliquent au plus élevé des deux montants entre le Smic et le salaire minimum conventionnel de l’emploi occupé. Avant 21 ans, seul le Smic sert de base. Cette nuance change beaucoup de choses dans les branches où les minima dépassent le Smic. Mais elle suppose de connaître la convention collective applicable et le coefficient du poste.
| Année du contrat | 16 à 17 ans | 18 à 20 ans | 21 à 25 ans | 26 ans et plus |
|---|---|---|---|---|
| 1re année | 27 % (504,09 €) | 43 % (802,82 €) | 53 % (989,52 €) | 100 % (1 867,02 €) |
| 2e année | 39 % (728,14 €) | 51 % (952,18 €) | 61 % (1 138,88 €) | 100 % (1 867,02 €) |
| 3e année | 55 % (1 026,86 €) | 67 % (1 250,90 €) | 78 % (1 456,27 €) | 100 % (1 867,02 €) |
Montants bruts mensuels pour 35 heures, calculés sur le Smic au 1er juin 2026 (service-public.gouv.fr, page consultée le 29/09/2026). À partir de 21 ans, la base est le minimum conventionnel s’il dépasse le Smic.

Qu’est-ce qui fait changer le pourcentage en cours de contrat ?
Deux événements font changer le pourcentage : un anniversaire qui fait passer dans une autre tranche d’âge et le début d’une nouvelle année d’exécution du contrat. Pour l’âge, le nouveau taux s’applique le premier jour du mois qui suit l’anniversaire (article D6222-31, version en vigueur depuis le 1er avril 2020). Le niveau du diplôme préparé ne fixe pas le barème, sauf la licence professionnelle, payée au taux de deuxième année (article D6222-32).
Le simulateur ci-dessous applique la grille à votre situation et calcule la part du salaire soumise aux cotisations.
Trois situations particulières modifient le calcul. Si le contrat dure un an au plus et prépare un diplôme de même niveau que celui déjà obtenu, en lien direct avec lui, le pourcentage est majoré de 15 points. Un nouveau contrat, chez le même employeur ou chez un autre, démarre au moins au niveau de la dernière année du précédent si celui-ci a conduit au diplôme, sauf si la grille liée à l’âge est plus favorable (article D6222-29). Chez un nouvel employeur, seul ce minimum réglementaire suit l’apprenti, pas les avantages conventionnels de l’ancien. Ainsi, un changement d’entreprise peut faire baisser le salaire réel sans aucune irrégularité.
Ces règles figurent aux articles D6222-26 à D6222-33, selon la fiche officielle de service-public.gouv.fr.
Le salaire de l’apprenti suit-il la hausse du Smic ?
Oui, automatiquement, puisque le minimum légal est exprimé en pourcentage du Smic. Le Smic horaire brut est passé de 12,02 € à 12,31 € au 1er juin 2026, soit une hausse de 2,41 % déclenchée par l’inflation (arrêté du 22 mai 2026, info.gouv.fr consulté le 29/09/2026). Le salaire minimum de tous les apprentis payés au plancher a donc augmenté le même jour.
Or c’est un point que les bulletins de paie ratent parfois.
Un apprenti de 18 à 20 ans en première année passait de 783,90 € à 802,82 € brut par mois. Un taux saisi en euros plutôt qu’en pourcentage dans le logiciel de paie reste pourtant figé. Comparez votre fiche de paie de mai et celle de juin 2026. Si le salaire de base n’a pas bougé alors que vous êtes au minimum, l’écart se réclame par écrit à l’employeur. Le rappel porte sur chaque mois concerné.
💡 Le saviez-vous ?
Le salaire de l’apprenti est exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du Smic (service-public.gouv.fr, page consultée le 29/09/2026). Au-delà, seule la fraction qui dépasse ce montant entre dans le revenu imposable. Cette règle vaut quelle que soit la date du contrat, à la différence de l’exonération de cotisations.
Quelles cotisations sur le salaire de l’apprenti depuis 2025 ?
Pour un contrat conclu depuis le 1er mars 2025, l’apprenti ne paie aucune cotisation salariale ni CSG-CRDS sur la part de son salaire qui ne dépasse pas 50 % du Smic, soit 933,51 € par mois depuis juin 2026. Au-dessus, cotisations et CSG-CRDS s’appliquent normalement (articles L6243-2 et D6243-5, version en vigueur au 29 septembre 2026).
Avant cette réforme, issue de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, l’exonération de cotisations salariales couvrait le salaire jusqu’à 79 % du Smic, et la CSG-CRDS n’était pas due. Les contrats conclus avant le 1er mars 2025 gardent l’ancien régime jusqu’à leur terme. Deux apprentis au même poste peuvent donc toucher le même brut et un net différent. La date de conclusion, inscrite sur le formulaire Cerfa du contrat, explique l’écart. Aucune erreur de paie là-dedans.
En pratique, l’effet reste limité pour les plus jeunes.
Un apprenti de 18 à 20 ans en première année, à 802,82 €, reste sous le plafond de 933,51 €. Il ne paie rien. Le même apprenti en troisième année, à 1 250,90 €, cotise sur 317,39 € par mois. Et côté employeur, le salaire de l’apprenti entre dans la réduction générale des cotisations patronales, comme les autres bas salaires, selon l’Urssaf.

Quelles aides pour l’employeur d’un apprenti en 2026 ?
Pour les contrats conclus à partir du 8 mars 2026, l’employeur perçoit une aide pour la première année du contrat. Dans une entreprise de moins de 250 salariés, elle atteint 5 000 € jusqu’au niveau bac, 4 500 € pour un bac +2 et 2 000 € au-delà, jusqu’au master (entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F23556 consultée le 29/09/2026).
Dans les entreprises d’au moins 250 salariés, les montants tombent à 2 000 €, 1 500 € et 750 € selon les mêmes niveaux. Ces employeurs doivent en plus s’engager sur une part minimale d’alternants dans leurs effectifs. Pour un apprenti en situation de handicap, l’aide peut atteindre 6 000 €, quelle que soit la taille de l’entreprise. Elle est versée chaque mois pendant les douze premiers mois, sans démarche spécifique, dès que le contrat a été transmis à l’opérateur de compétences dans les six mois. Et elle s’arrête si le contrat est rompu.
Cette aide revient à l’employeur, jamais à l’apprenti.
✅ Ce que la grille garantit
- Un plancher qui suit chaque hausse du Smic
- Une progression à chaque année de contrat
- Le minimum conventionnel comme base dès 21 ans
⚠️ Ce qu’elle ne garantit pas
- Un salaire lié au niveau du diplôme préparé
- Un net stable pour les contrats récents
- Le maintien des avantages en cas de changement d’employeur
Le secteur d’activité change-t-il le salaire de l’apprenti ?
Le secteur ne change rien au barème légal, qui est le même dans une banque et dans un restaurant. Ce qui change, c’est la convention collective. Elle peut prévoir un pourcentage plus élevé que la loi pour les apprentis, et ses minima servent de base de calcul dès 21 ans lorsqu’ils dépassent le Smic.
Mais l’idée d’un apprenti « mieux payé dans la tech ou la finance » mélange deux choses. Une entreprise peut payer au-dessus du minimum, par choix ou pour attirer des candidats. Rien ne l’y oblige, sauf son contrat ou sa convention collective. Le seul texte qui compte est le contrat signé, avec le salaire indiqué en euros ou en pourcentage. Une promesse orale ne s’y ajoute pas.
La négociation reste possible au moment de la signature, pas après.
🚫 Idée reçue : « l’apprenti ne paie aucune charge »
C’était vrai jusqu’à 79 % du Smic pour les contrats signés avant le 1er mars 2025. Pour les contrats plus récents, la part du salaire au-dessus de 50 % du Smic supporte cotisations salariales et CSG-CRDS. Un apprenti de 21 ans ou plus, ou en fin de cursus, voit donc un écart entre brut et net. Avant de signer, demandez une estimation du net sur la base de la date réelle du contrat.

Comment vérifier que votre salaire est juste ?
Il faut trois pièces : le contrat d’apprentissage, qui indique la date de conclusion et le salaire prévu, le bulletin de paie du mois, et la convention collective si vous avez 21 ans ou plus. Avec ces documents, le calcul se fait en quelques minutes. Sans eux, personne ne peut dire si un bulletin est correct.
🧩 Cas d’école (situation fictive)
Prenons un cas fictif : un apprenti signe en septembre 2025, à 20 ans, un contrat de deux ans. En première année, il touche 43 % du Smic. Il fête ses 21 ans en mars 2026. Dès le 1er avril, sa base passe à 53 %. En septembre 2026, la deuxième année le fait passer à 61 %, soit 1 138,88 € brut sur le Smic actuel.
Son contrat date d’après le 1er mars 2025. Il cotise donc sur 205,37 € par mois, la part au-dessus de 933,51 €. Qui porte le risque ? L’apprenti, si personne ne vérifie les trois changements de taux de l’année.
Ce cas montre qu’un seul contrat peut connaître trois taux en douze mois, sans compter la hausse du Smic de juin.
Et chaque changement de taux doit apparaître sur le bulletin du mois concerné. Si un rappel manque, écrivez à l’employeur en citant la tranche d’âge, l’année de contrat et le pourcentage attendu. Adressez-vous au service RH ou au dirigeant, pas au maître d’apprentissage. Dans une entreprise dotée d’un CSE, les élus peuvent porter la question en réunion si plusieurs apprentis sont concernés. En dernier recours, le conseil de prud’hommes tranche les rappels de salaire.
Gardez une copie datée de chaque demande.

Ce que l’apprenti peut réellement exiger
L’apprenti peut exiger le pourcentage légal appliqué selon son âge et son année de contrat, sur le Smic du mois, plus tout avantage prévu par son contrat ou sa convention collective. Il ne peut pas exiger un salaire lié au niveau de diplôme, à l’expérience antérieure ou au secteur, sauf si un texte applicable le prévoit.
Cependant, l’apprentissage n’est pas l’unique formule d’alternance. Le contrat de professionnalisation suit une autre grille, avec d’autres conditions. Pour contrôler chaque ligne du bulletin, notre guide de la fiche de paie détaille salaire de base, cotisations et net. Les employeurs trouveront le détail des charges dans notre dossier sur la cotisation patronale. Aucune de ces règles ne se devine, elles se lisent dans les textes.
Le levier démontrable reste le contrat signé confronté à la grille officielle : un écart de pourcentage se calcule au centime et se réclame par écrit.

Questions fréquentes
Combien gagne un apprenti de 18 ans en première année ?
Au minimum 43 % du Smic, soit 802,82 € brut par mois pour 35 heures depuis le 1er juin 2026. Un contrat ou une convention collective peut prévoir davantage.
Quand le salaire change-t-il après un anniversaire ?
Le nouveau pourcentage s’applique à partir du premier jour du mois qui suit l’anniversaire qui fait changer de tranche d’âge.
L’apprenti paie-t-il des cotisations en 2026 ?
Pour un contrat conclu depuis le 1er mars 2025, oui sur la part du salaire qui dépasse 50 % du Smic, avec la CSG-CRDS. Pour un contrat plus ancien, les cotisations salariales sont exonérées jusqu’à 79 % du Smic et la CSG-CRDS n’est pas due.
Un apprenti de 26 ans est-il payé au Smic ?
Oui, au minimum 100 % du Smic, ou du salaire minimum conventionnel s’il est plus élevé, pendant toute la durée du contrat.




