Cerfa 2483 : déclaration supprimée, ce qui l’a remplacée

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Mis à jour le 29 septembre 2026
Textes de référence : BOFiP ACTU-2015-00105 (suppression de la déclaration n° 2483), Code du travail, art. L6331-1 et L6331-3 (contribution à la formation professionnelle), L6131-3 (recouvrement par les Urssaf), L6321-1 et L6315-1 (obligations de formation), L2312-26 (consultation du CSE)
Pour qui : employeurs et gestionnaires de paie qui cherchent encore ce formulaire, élus du CSE, salariés curieux de ce que finance leur entreprise

Vous tapez « cerfa 2483 » parce qu’un ancien guide RH ou un vieux logiciel de paie en parle encore. Le formulaire n’existe plus depuis 2016. Et pourtant il continue de circuler, souvent avec des explications fausses.

La version précédente de cette page en faisait d’ailleurs une déclaration liée à l’effort de construction, obligatoire au-delà de 20 salariés. C’était inexact. Nous corrigeons ici, texte officiel à l’appui, avant de montrer ce que l’employeur doit faire aujourd’hui pour financer la formation professionnelle.

🔎 En bref : la déclaration n° 2483 (Cerfa n° 11168) concernait la participation des employeurs d’au moins 10 salariés à la formation professionnelle continue. Elle est supprimée à compter de 2016 par la loi n° 2014-288 du 5 mars 2014 (BOFiP, actualité du 6 mai 2015). Aujourd’hui, la contribution à la formation professionnelle est de 0,55 % de la masse salariale sous 11 salariés et de 1 % à partir de 11 salariés, déclarée chaque mois en DSN et recouvrée par l’Urssaf (articles L6331-1 et L6331-3 du Code du travail, rédaction en vigueur depuis le 1er janvier 2022).

Qu’était le formulaire n° 2483 ?

Le n° 2483 était une déclaration fiscale annuelle. Les employeurs occupant au moins 10 salariés y rendaient compte de leur participation au développement de la formation professionnelle continue, calculée sur leur masse salariale. Le BOFiP le désigne comme la « déclaration spécifique n° 2483 (CERFA n° 11168) ».

Ce formulaire servait surtout à contrôler une obligation de dépense. L’entreprise devait montrer qu’elle avait consacré un pourcentage minimal de sa masse salariale à la formation, soit en versant à un organisme collecteur, soit en finançant elle-même des actions. La réforme de 2014 a changé cette logique. L’employeur verse désormais une contribution, sans avoir à justifier ses dépenses directes auprès de l’administration fiscale. Or une déclaration de dépenses perd son sens quand la dépense n’a plus à être prouvée.

Le formulaire n’a donc aucun lien avec le logement ou la construction.

Formulaire administratif papier posé sur un bureau avec un stylo

Pourquoi le cerfa 2483 a-t-il disparu ?

La loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle a supprimé l’obligation de dépense qui justifiait le formulaire. Le BOFiP en tire la conséquence : la déclaration n° 2483 est supprimée à compter de 2016, et les informations utiles doivent figurer dans la déclaration annuelle de données sociales. La dernière déclaration a porté sur l’année de participation 2014.

Mais la simplification ne s’est pas arrêtée là. La déclaration annuelle de données sociales a elle-même été absorbée par la déclaration sociale nominative, la DSN, que toutes les entreprises qui emploient des salariés doivent aujourd’hui transmettre (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 4 mai 2026). La réforme de 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel a ensuite réorganisé la collecte des contributions de formation, et le transfert aux Urssaf a été fixé par la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 (article 190) et l’ordonnance n° 2021-797 du 23 juin 2021, pour les contributions dues à compter du 1er janvier 2022. Résultat : les articles L6331-1 et L6331-3, dans leur rédaction en vigueur depuis le 1er janvier 2022, renvoient au recouvrement par les Urssaf selon la périodicité des cotisations sociales. Plus rien ne passe par un imprimé fiscal annuel.

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Un modèle de 2483 trouvé en ligne ne vous sera donc d’aucune utilité.

💡 Le saviez-vous ?

Le numéro 2483 désignait la déclaration fiscale, et le numéro Cerfa 11168 l’imprimé lui-même. Le BOFiP a annoncé sa suppression dans une actualité publiée le 6 mai 2015 (ACTU-2015-00105), en précisant que les informations passeraient dans la déclaration annuelle de données sociales. Les deux numéros désignent donc un seul document, disparu depuis.

Qu’est-ce qui remplace le cerfa 2483 aujourd’hui ?

Aucun formulaire ne le remplace. L’employeur déclare chaque mois en DSN la contribution à la formation professionnelle, dont le taux dépend de l’effectif : 0,55 % du revenu d’activité soumis à cotisations sous 11 salariés, 1 % à partir de 11 salariés. L’Urssaf la recouvre avec les cotisations sociales (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 21 janvier 2026).

« Cette contribution est recouvrée dans les conditions prévues au I de l’article L. 6131-3 du présent code, selon la périodicité applicable en matière de cotisations et de contributions de sécurité sociale. »

Article L6331-3 du Code du travail, version en vigueur depuis le 1er janvier 2022

Deux autres prélèvements s’ajoutent selon la situation. La contribution dite CPF-CDD représente 1 % de la masse salariale versée aux titulaires d’un contrat à durée déterminée. La taxe d’apprentissage concerne les entreprises qui exercent une activité commerciale, artisanale ou industrielle. Elle comporte une part principale de 0,59 % et un solde de 0,09 %, eux aussi déclarés en DSN (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 8 juin 2026). Ainsi, la paie mensuelle porte désormais tout ce que le 2483 récapitulait une fois par an.

Le simulateur suivant donne un ordre de grandeur annuel à partir de votre masse salariale.

🧮 Simulateur : ce qui a remplacé le cerfa 2483

Contribution à la formation professionnelle :

Contribution CPF-CDD (1 %) :

Taxe d’apprentissage (0,59 % + 0,09 %) :

Total indicatif sur l’année :

Résultat indicatif, vérifiez votre convention collective, qui peut prévoir des contributions conventionnelles en plus. Les rémunérations des apprentis, certains CDD et le franchissement d’un seuil d’effectif modifient le calcul. Seule votre DSN fait foi.

Le total ne correspond à aucune ligne unique de votre fiche de paie, car ces contributions sont patronales et se répartissent dans la DSN.

PrélèvementQui paieTauxDéclaration et collecte
Contribution à la formation professionnelleEmployeur de moins de 11 salariés0,55 %DSN mensuelle, Urssaf (L6331-1)
Contribution à la formation professionnelleEmployeur d’au moins 11 salariés1 %DSN mensuelle, Urssaf (L6331-3)
Contribution CPF-CDDEmployeur de salariés en CDD1 % des rémunérations des CDDDSN, Urssaf
Taxe d’apprentissageEntreprise commerciale, artisanale ou industrielle0,59 % + solde de 0,09 %DSN, Urssaf pour la part principale
Ancienne déclaration n° 2483Employeur d’au moins 10 salariésSans objetSupprimée à compter de 2016

Taux selon service-public.gouv.fr (pages vérifiées le 21 janvier 2026 et le 8 juin 2026) et Code du travail en vigueur au 29 septembre 2026.

Gestionnaire de paie travaillant sur un ordinateur avec des documents comptables

L’effort de construction, un autre sujet que le 2483

La participation des employeurs à l’effort de construction, souvent appelée PEEC, n’a jamais relevé du formulaire n° 2483. Elle vise les entreprises d’au moins 50 salariés, à 0,45 % minimum de la masse salariale. Action Logement Services est le seul organisme habilité à la collecter (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 25 septembre 2026).

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Pourtant, la confusion s’explique en partie par les numéros. Quand l’employeur n’a pas investi suffisamment, il dépose auprès de son service des impôts un bordereau n° 2485-SD, avant le 30 avril selon la même page officielle. Un chiffre d’écart suffit à mélanger deux obligations sans rapport. La PEEC se déclare en DSN, et le seuil de 50 salariés doit être atteint pendant 5 années civiles consécutives. Le seuil de 20 salariés qu’avançait l’ancienne version de cette page ne correspond à rien de vérifiable.

Si votre recherche portait sur le logement des salariés, c’est donc la PEEC qu’il faut regarder.

🚫 Idée reçue : « il faut encore remplir le cerfa 2483 chaque année »

Plusieurs sites présentent encore ce formulaire comme une obligation annuelle, parfois avec des avantages fiscaux à la clé. Le BOFiP a acté sa suppression à compter de 2016. Si un prestataire ou un logiciel vous le réclame, demandez sur quel texte il s’appuie. La bonne vérification consiste à contrôler les lignes de contribution formation dans votre DSN et sur votre compte Urssaf.

Immeuble de logements en construction avec une grue

Quelles obligations de formation restent à la charge de l’employeur ?

Payer la contribution ne solde pas tout. L’employeur doit adapter les salariés à leur poste de travail et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi (article L6321-1 du Code du travail, version en vigueur au 29 septembre 2026). Il doit aussi organiser des entretiens de parcours professionnel, dont le rythme est fixé par l’article L6315-1.

Cet article a été réécrit par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, puis retouché le 30 décembre 2025. Dans sa version en vigueur depuis le 31 décembre 2025, il prévoit un premier entretien au cours de la première année suivant l’embauche, puis un entretien tous les quatre ans. Tous les huit ans, l’entretien fait un état des lieux récapitulatif du parcours. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, un salarié privé des entretiens prévus et d’au moins une formation voit son compte personnel de formation abondé dans les conditions de l’article L6323-13. Cependant, un accord d’entreprise ou de branche peut fixer une autre périodicité, sans dépasser quatre ans. Les accords signés sous l’ancien régime et encore valides au 1er octobre 2026 se voient appliquer la nouvelle rédaction à partir de cette date (note sous l’article L6315-1, relue sur Légifrance le 30 septembre 2026).

C’est là que se trouve aujourd’hui l’obligation vérifiable, bien plus que dans un formulaire fiscal.

🧩 Cas d’école (situation fictive)

Prenons un cas fictif : une entreprise de 60 salariés verse sans faute sa contribution de 1 % chaque mois. La direction estime avoir « rempli ses obligations de formation ». Un salarié arrivé il y a huit ans n’a pourtant eu ni entretien de parcours professionnel ni formation depuis son embauche.

Lors de l’état des lieux, les conditions de l’abondement de son compte personnel de formation peuvent être réunies. Qui porte le risque ? L’employeur, qui a confondu contribution financière et obligation individuelle envers chaque salarié.

Ce cas montre qu’une paie en règle ne dit rien du suivi des parcours. Les deux se contrôlent séparément.

Entretien entre un salarié et son responsable autour d'une table

Quel rôle pour le CSE sur la formation ?

Le CSE n’a jamais eu besoin du 2483 pour se prononcer sur la formation. La consultation annuelle sur la politique sociale porte sur le programme pluriannuel de formation, les actions de formation envisagées par l’employeur, l’apprentissage et les périodes de reconversion (article L2312-26 du Code du travail, version en vigueur depuis le 1er janvier 2026).

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Et c’est un meilleur point d’appui que l’ancien formulaire. Le 2483 donnait des montants globaux, sans dire qui avait été formé. La consultation permet de demander la répartition des formations par catégorie de salariés, le nombre d’entretiens de parcours réellement tenus, les refus de départ en formation. Les élus peuvent comparer ces chiffres d’une année sur l’autre. Un écart durable entre les annonces et les réalisations se documente et se discute en séance.

Un avis motivé du CSE garde une trace que la direction devra assumer l’année suivante.

Réunion d'élus autour d'une table avec des documents de travail

Ce qu’il faut vérifier à la place du cerfa 2483

Côté employeur, la vérification passe par la DSN : les bons taux de contribution selon l’effectif, la contribution CPF-CDD si vous employez des CDD, la taxe d’apprentissage si l’activité y est soumise. Côté salariés et élus, elle passe par les entretiens de parcours professionnel et la consultation annuelle du CSE sur la politique sociale.

Ainsi, le formulaire disparu ne laisse aucun vide juridique. Il laisse surtout des contenus en ligne qui promettent des avantages fiscaux ou des obligations imaginaires. Méfiez-vous des guides qui ne citent ni texte ni date. Une obligation réelle s’appuie sur un article du Code du travail ou une page officielle datée. Ce guide ne peut pas vérifier les contributions conventionnelles propres à votre branche, qui s’ajoutent parfois aux taux légaux.

Qui collecte quoi ? Notre page consacrée à l’Urssaf décrit le rôle de l’organisme dans le recouvrement. La contribution formation s’inscrit parmi les autres cotisations patronales, que vous pouvez situer dans l’ensemble des charges de l’employeur. Côté salarié, les droits financés par ces contributions se retrouvent en partie dans le compte personnel d’activité, qui regroupe le compte personnel de formation.

Le levier démontrable se trouve dans la DSN et dans le compte rendu des entretiens de parcours professionnel, plutôt que dans un imprimé supprimé depuis dix ans.

Questions fréquentes

Le cerfa 2483 existe-t-il encore ?

Non. La déclaration n° 2483 (Cerfa n° 11168) a été supprimée à compter de 2016, à la suite de la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle. La dernière déclaration portait sur l’année 2014.

À quoi servait la déclaration 2483 ?

Elle permettait aux employeurs d’au moins 10 salariés de déclarer à l’administration fiscale leur participation au développement de la formation professionnelle continue. Elle ne concernait pas l’effort de construction.

Comment déclarer la contribution à la formation professionnelle aujourd’hui ?

Elle se déclare chaque mois dans la DSN et l’Urssaf la recouvre. Le taux est de 0,55 % de la masse salariale sous 11 salariés et de 1 % à partir de 11 salariés.

Quel formulaire pour la participation à l’effort de construction ?

La participation des entreprises d’au moins 50 salariés se déclare en DSN. En cas d’investissement insuffisant, l’employeur dépose un bordereau n° 2485-SD auprès du service des impôts.

Sources

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