CNAVTS : devenue CNAV, rôle et vérification du relevé de carrière

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Mis à jour le 29 septembre 2026
Textes de référence : Code de la sécurité sociale, art. L161-17 (droit à l’information retraite), Code du travail, art. L1237-5 et L1237-9 (mise à la retraite et départ volontaire), grille d’âge légal publiée par service-public.gouv.fr
Pour qui : salariés du secteur privé qui préparent leur retraite, élus du CSE sollicités par des collègues en fin de carrière

Sur un vieux bulletin de salaire ou un courrier des années 1990, vous trouverez encore le sigle CNAVTS. Il désignait la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés. L’organisme existe toujours, mais il a perdu une partie de son nom et se présente aujourd’hui sous la marque « l’Assurance retraite ».

Ce changement d’étiquette compte peu. Ce qui compte, c’est ce que cette caisse sait de votre carrière, et ce qu’elle ignore. Votre pension de base sera calculée à partir de son relevé, pas à partir de vos souvenirs ni de vos bulletins rangés au grenier. Ce guide explique qui elle est devenue, ce qu’elle fait pour un salarié du privé et comment vérifier ce qu’elle a enregistré à votre nom.

🔎 Ce qu’il faut retenir : la CNAVTS s’appelle désormais Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) et gère la retraite de base du régime général. Pour les personnes nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, l’âge légal est de 62 ans et 9 mois (service-public.gouv.fr, fiche F14043 consultée le 29/09/2026). La pension se calcule sur les 25 meilleures années de salaire. Le relevé de carrière est consultable en ligne à tout moment, et il se corrige avant la demande de retraite, pas après.

Qu’est devenue la CNAVTS ?

La CNAVTS, créée en 1967 lors du découpage de la Sécurité sociale en branches, est devenue la Caisse nationale d’assurance vieillesse, ou CNAV, en abandonnant la mention « des travailleurs salariés » en 2010. Elle pilote la retraite de base du régime général et communique sous le nom « l’Assurance retraite », avec le site lassuranceretraite.fr.

Mais la CNAV ne traite pas elle-même le dossier de chaque assuré en région. Elle définit les orientations nationales, en matière de retraite comme d’action sociale, et coordonne un réseau de caisses régionales. Dans l’hexagone, ce sont les Carsat, héritières des anciennes caisses régionales d’assurance maladie. Outre-mer, ce rôle revient aux caisses générales de sécurité sociale. En Île-de-France, la CNAV gère directement les dossiers. Vous aurez donc affaire à la Carsat de votre région, sauf si vous habitez en Île-de-France.

Le périmètre s’est aussi élargi avec la disparition du régime social des indépendants, dont la retraite de base a rejoint le régime général.

Salariés consultant les bases de leur assurance vieillesse

Le tableau suivant situe la CNAV parmi les autres organismes qu’un salarié croise avant son départ.

OrganismeCe qu’il fait pour vousCe qu’il ne fait pas
CNAV et Carsat (l’Assurance retraite)Tient le relevé de carrière, calcule et verse la retraite de baseNe gère pas la retraite complémentaire
Agirc-ArrcoAttribue les points et verse la retraite complémentaire des salariés du privéNe valide pas de trimestres
UrssafRecouvre les cotisations déclarées par l’employeurNe calcule pas votre pension
Votre employeurDéclare vos salaires et verse l’indemnité de départ à la retraiteNe décide pas de votre date de départ, sauf mise à la retraite

Répartition des rôles au 29 septembre 2026, d’après lassuranceretraite.fr et les articles L1237-5 et L1237-9 du Code du travail.

À quel âge la CNAV peut-elle vous verser une retraite ?

L’âge légal dépend de votre date de naissance. Depuis la suspension de la réforme de 2023, il est de 62 ans et 9 mois pour les personnes nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, puis il monte par paliers jusqu’à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969 (service-public.gouv.fr, fiche F14043 consultée le 29/09/2026).

Or l’âge légal n’est qu’une porte d’entrée. Partir à cet âge sans avoir tous vos trimestres entraîne une pension réduite. À 67 ans, le taux plein s’applique quelle que soit la durée d’assurance, selon la fiche F21552 de service-public.gouv.fr vérifiée le 1er septembre 2026. Des départs anticipés existent aussi pour carrière longue, handicap ou incapacité d’origine professionnelle. Et les assurés nés à partir du 1er avril 1965 qui bénéficient d’au moins un trimestre de majoration pour enfant peuvent, d’après la même source, voir leur âge minimal abaissé d’un an.

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Le simulateur ci-dessous applique la grille publiée, sans tenir compte des cas de départ anticipé.

🧮 Simulateur : votre âge légal de départ

Âge légal :

Résultat indicatif, d’après la grille de service-public.gouv.fr consultée le 29/09/2026. Il ne tient compte ni des départs anticipés ni de la majoration pour enfant, et ne dit rien du taux de votre pension. Vérifiez votre situation sur votre espace personnel de l’Assurance retraite, et votre convention collective pour l’indemnité de départ.

Une date de départ possible ne dit rien du montant que vous toucherez.

Calendrier et documents illustrant l'effet des réformes sur la date de départ en retraite

Comment la CNAV calcule-t-elle votre pension de base ?

La pension de base se calcule en multipliant votre salaire annuel moyen par un taux, puis par le rapport entre vos trimestres et ceux exigés pour votre génération. Le salaire annuel moyen retient les 25 meilleures années, et le taux atteint 50 % quand vous avez le taux plein (service-public.gouv.fr, fiche F21552 vérifiée le 1er septembre 2026).

Cette formule a une conséquence directe. Seuls les salaires soumis à cotisation, et dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, entrent dans le salaire annuel moyen. La pension de base ne peut donc pas dépasser la moitié de ce plafond, soit 2 002,50 € par mois en 2026 selon la même fiche. Le nombre de trimestres exigés varie selon l’année de naissance : 170 pour les personnes nées entre 1963 et le 31 mars 1965, 172 pour celles nées à partir de 1969. Chaque trimestre manquant pèse deux fois, sur le rapport de durée et sur le taux.

Ainsi, la validation des trimestres dépend de ce que vous avez gagné, pas du temps passé au travail.

Un trimestre se valide avec un salaire équivalent à environ 150 heures payées au Smic, et vous ne pouvez pas en valider plus de 4 par année civile. Des périodes sans salaire comptent aussi, comme la maladie, la maternité, le chômage indemnisé ou l’invalidité, sous forme de trimestres « assimilés » sans revenu reporté. L’Assurance retraite donne l’exemple d’un étudiant payé au Smic à temps plein pendant un mois d’été, qui peut ainsi valider un trimestre.

Calculatrice et formulaires pour le calcul de la pension de retraite

Retenez que la retraite complémentaire obéit à une autre logique, par points, gérée par l’Agirc-Arrco et non par la CNAV. Notre guide sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco détaille ce second étage.

Le relevé de carrière, document à vérifier avant tout

Le relevé de carrière récapitule, année par année, les salaires déclarés et les trimestres retenus à votre nom. Il est consultable à tout moment dans votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr, et le service « Consulter ma carrière » affiche aussi les droits acquis dans vos autres régimes. C’est sur cette base que la CNAV calculera votre pension.

Le droit d’y accéder est inscrit dans la loi.

L’article L161-17 du Code de la sécurité sociale (version en vigueur depuis le 31 décembre 2025, relue sur Légifrance le 30 septembre 2026) prévoit une information gratuite sur la retraite tout au long de la carrière. En pratique, un relevé de situation individuelle vous est adressé périodiquement à partir de 35 ans. Vous pouvez demander un entretien sur vos droits à partir de 45 ans, avec des simulations de pension à l’âge légal et à l’âge du taux plein, selon ce même article. Une estimation indicative globale du montant de vos pensions arrive à partir de 55 ans (MSA, page droit à l’information retraite mise à jour le 10/04/2026). Pourtant, ces documents restent de simples informations : ils ne figent pas vos droits.

💡 Le saviez-vous ?

Vos trimestres d’une année ne s’affichent pas en temps réel. L’Assurance retraite indique qu’ils sont reportés sur le relevé de carrière au plus tard le 31 mars de l’année qui suit l’activité (page « La prise en compte de ma carrière », consultée le 29/09/2026). Un trou sur l’année en cours n’a donc rien d’anormal au printemps.

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Les erreurs les plus fréquentes se trouvent sur les périodes courtes ou atypiques. Un job d’été, un contrat d’apprentissage ancien, un employeur disparu, des périodes de chômage ou d’arrêt maladie, des années à l’étranger. Pour chacune, vérifiez que la ligne existe et que le nombre de trimestres paraît cohérent avec le salaire affiché. Les périodes travaillées hors de France relèvent des régimes étrangers et ne s’affichent pas automatiquement. Vos bulletins de paie et vos contrats serviront de preuves.

Personne consultant son relevé de carrière en ligne sur ordinateur

Comment corriger une erreur ?

Le service en ligne « Mettre à jour mon relevé de carrière » est réservé aux assurés en fin de carrière. La Carsat Languedoc-Roussillon l’ouvre à partir de 55 ans. Avant cet âge, ou sans accès à internet, les justificatifs s’envoient par courrier à votre caisse régionale. Les pages de l’Assurance retraite ne donnent pas toutes le même âge d’accès, et ce guide ne peut pas trancher : vérifiez dans votre espace personnel.

🧩 Cas d’école (situation fictive)

Prenons une salariée imaginaire de 56 ans qui consulte son relevé. Deux années de CDD dans une entreprise liquidée depuis n’apparaissent qu’avec un trimestre chacune, alors qu’elle y travaillait à temps plein.

Elle retrouve ses bulletins de paie de l’époque et demande la régularisation. Sans ces bulletins, la caisse n’a que les déclarations reçues, et l’entreprise n’existe plus pour les compléter. Qui porte le risque ? La salariée, qui perdrait des trimestres sur une pension versée pendant des années.

Ce cas montre qu’un relevé se vérifie tôt, tant que les preuves existent encore.

Demander sa retraite : ce que fait la caisse, ce que fait l’employeur

La demande se fait en ligne, 5 mois avant la date de départ souhaitée, et une seule démarche couvre tous vos régimes de base et complémentaires. Le point de départ est fixé au plus tôt au premier jour du mois qui suit la réception de la demande (lassuranceretraite.fr, page « Demander sa retraite de base », consultée le 29/09/2026).

Cependant, la caisse ne s’occupe que de la pension. Votre contrat de travail, lui, reste en vigueur tant que vous ne l’avez pas rompu. Quitter l’entreprise pour toucher sa retraite est une démarche distincte, à annoncer à l’employeur en respectant le préavis prévu. Le Code du travail attache à ce départ volontaire une indemnité spécifique, dont le montant dépend de l’ancienneté et de votre convention collective. Si vous oubliez de prévenir l’employeur, la pension peut être attribuée alors que le contrat court toujours.

« Tout salarié quittant volontairement l’entreprise pour bénéficier d’une pension de vieillesse a droit à une indemnité de départ à la retraite. »

Article L1237-9 du Code du travail, version en vigueur au 29 septembre 2026 (code.travail.gouv.fr, mise à jour du 26/10/2025)

L’employeur, de son côté, ne peut pas vous mettre à la retraite à sa guise. L’article L1237-5 lui ouvre cette possibilité seulement pour un salarié qui a atteint l’âge du taux plein automatique, soit 67 ans pour les générations actuelles.

Qui porte le risque d’un calendrier mal calé ? Souvent le salarié, qui démissionne trop tôt et se retrouve plusieurs mois sans salaire ni pension. Calez d’abord la date de départ avec la caisse, puis le préavis avec l’employeur. Si vous envisagez un départ avant l’âge légal, notre dossier sur la préretraite et les départs anticipés fait le tri entre ce qui existe encore et ce qui a disparu.

✅ Ce que la demande en ligne simplifie

  • Une seule demande pour la base et la complémentaire
  • Le suivi du dossier dans l’espace personnel
  • Le dépôt des justificatifs sans courrier

⚠️ Ce qu’elle ne règle pas

  • La rupture de votre contrat de travail
  • Les trimestres manquants non signalés avant
  • Le montant de l’indemnité de départ

Le 39 60 reste le numéro de l’Assurance retraite pour les questions sur un dossier, du lundi au vendredi.

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Ce que la CNAV peut vous apporter au-delà de la pension

La CNAV conduit aussi une politique d’action sociale. Elle en fixe les orientations au niveau national, et les Carsat la mettent en œuvre auprès des retraités, par exemple pour l’aide au maintien à domicile. Les conditions de ressources et le contenu des aides varient selon les caisses, et ce guide ne les a pas vérifiées une par une.

Et c’est là que les anciens articles sur la CNAVTS promettaient trop. Parler de « conseils personnalisés pour optimiser votre pension » laisse croire à un accompagnement actif, alors que la caisse applique des règles. Elle vous informe et calcule, puis corrige quand vous apportez les preuves. Elle ne vous dira pas spontanément qu’une période manque, ni qu’un rachat de trimestres serait rentable dans votre cas. Ces choix restent les vôtres, avec l’aide éventuelle d’un conseiller indépendant.

Futurs retraités échangeant avec un conseiller retraite

Pour un élu du CSE, la question revient souvent en fin de carrière d’un collègue.

🚫 Idée reçue : « l’estimation reçue à 55 ans est garantie »

Les documents du droit à l’information ont une valeur informative. Ils reflètent ce que la caisse sait à la date d’édition et les règles alors en vigueur. Une réforme, une période oubliée ou une erreur d’employeur peuvent changer le résultat. La bonne démarche consiste à vérifier le relevé ligne à ligne et à corriger ce qui manque avant la demande.

Où se situe votre marge d’action ?

Votre marge d’action se situe presque entièrement avant la demande de retraite. Une fois la pension attribuée, les corrections restent possibles mais plus lentes, et les preuves se perdent avec le temps. Le relevé de carrière, vos bulletins de paie et vos contrats forment le dossier qui compte. Sans eux, personne ne pourra démontrer un trimestre manquant.

Pourtant, beaucoup de salariés découvrent leur relevé au moment de partir. Les règles d’âge ont changé plusieurs fois depuis 2023, et la suspension actuelle de la réforme n’a pas de date de fin connue. Le nombre de trimestres, lui, se lit sur votre relevé. Le montant dépend de salaires déjà déclarés. Ce sont les seuls éléments que vous pouvez contrôler, et ils se contrôlent sur pièces.

Pour aller plus loin, trois lectures complètent ce guide. Les droits constitués hors du régime de base se comprennent mieux avec notre article sur l’institution de retraite professionnelle. Les cotisations qui financent vos droits apparaissent dans notre dossier sur la cotisation patronale. Enfin, si un arrêt de travail a interrompu votre carrière, voyez ce que prévoit l’arrêt maladie pour vos droits.

Questions fréquentes sur la CNAVTS et la retraite de base

Le levier démontrable reste le relevé de carrière : consultez-le maintenant, comparez-le à vos bulletins et faites corriger chaque écart pièces à l’appui.

Questions fréquentes

La CNAVTS existe-t-elle encore ?

Oui, sous un autre nom. Elle s’appelle Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) et communique sous la marque l’Assurance retraite. Elle gère la retraite de base des salariés du privé avec les Carsat en région.

Comment obtenir mon relevé de carrière ?

Il se consulte et se télécharge à tout moment dans votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr. Un relevé de situation individuelle vous est aussi adressé périodiquement à partir de 35 ans.

Combien de temps avant le départ faut-il demander sa retraite ?

L’Assurance retraite demande de déposer la demande 5 mois avant la date de départ souhaitée. Une demande en ligne unique couvre la retraite de base et la complémentaire.

La CNAV verse-t-elle aussi la retraite complémentaire ?

Non. Pour les salariés du privé, la retraite complémentaire est versée par l’Agirc-Arrco, selon un système par points. Seule la demande est commune.

Sources

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